
L’artiste musicien malien, figure emblématique de la musique africaine, Bongana Maïga a tiré sa révérence à l’aube du 28 février 2026 dans une clinique de Bamako. Par la voix du ministre en charge de la Culture, M. Mamou Daffé, les autorités maliennes ont exprimé leur tristesse en apprenant le décès de l’éminent artiste musicien, auteur-compositeur, grand instrumentiste, saxophoniste, flûtiste, arrangeur de talent et Directeur Général de MaestroSound, appelé Maestro.
Dès l’annonce du décès de l’artiste, les hommages ont fusé à travers le monde, au-delà de son pays natal et du continent africain, pour saluer la mémoire et l’œuvre d’un grand artisan, ambassadeur du patrimoine mandingue et de la musique afro-cubaine (Salsa), ainsi que l’a souligné l’acteur culturel et ministre malien de la culture, M. Mamou Dafé.
Né en 1949 à Gao au Mali, Boncana Maïga a commencé sa carrière musicale dans les années 1960 avec le Negro-Band. Bénéficiaire d’une bourse en 1963, il part à Cuba, s’y perfectionne notamment dans la maîtrise de la flûte et du saxophone, et en 1965, fonde le groupe Las Maravillas de Mali (Les Merveilles du Mali). Il s’installa en Côte d’Ivoire dans les années Soixante-dix où il mène une grande partie de sa carrière d’artiste et de formateur avec des créations de salsa africaine qui firent date (guaguanco, charanga, pachanga, cha cha cha, montuno, sones, danzo etc.).
Par son génie créatif et son engagement constant, ce passionné de la musique a contribué au rayonnement du Mali sur la scène musicale internationale. Il a marqué plusieurs générations par la qualité de ses compositions et de ses arrangements. Son œuvre fétiche « Mariétou » (1984), à la sonorité sahélienne singulière, a conquis largement le public à sa sortie. De nombreux artistes africains de renom, notamment Adja SOUMANO, Tata BAMBO, Fousseyni SISSOKO, Aicha Koné, Gadji Céli, Alpha Blondy, Kamaldine, Orentchy et Meiway, ont bénéficié de son savoir-faire exceptionnel, à travers des arrangements qui portent sa signature artistique. Marque qu’on retrouve également dans le cinéma à travers les multiples interventions du Maestro dans de compositions musicales des films.
Le Maestro a été récompensé en 1997 par le Kora Award du meilleur arrangeur, domaine où il demeure une référence pour les musiciens du continent. Outre la scène musicale, Boncana Maïga s’est également illustré dans la promotion culturelle. A partir de 2001, il a animé l’émission télévisée « Stars Parade », diffusée d’abord sur CFI et ensuite TV5, à travers laquelle est mise en lumière la diversité des musiques africaines.
Le parcours remarquable de Boncana Maïga demeure une fierté nationale dans son pays, pour l’Afrique et une source d’inspiration pour les jeunes générations d’artistes et de créateurs. Repose en paix l’artiste !
Mousoul


