Les Mille et Une Mains : un film qui magnifie le travail en dénonçant l’exploitation de l’ouvrier  

Partager sur facebook
Facebook
Partager sur google
Google+
Partager sur twitter
Twitter
Partager sur linkedin
LinkedIn

Le film Les Mille et Une Mains (Alf yad wa yad en arabe) a été réalisé en 1972 par le cinéaste marocain Souheil Ben Barka, né à Toumbouctou au Mali. Le long métrage fictif, dramatique, comique, à l’allure d’un documentaire, avec peu de paroles, montre le travail manuel, un peu à la chaîne du processus complexe de fabrication des tissus, tapis : du transport de la laine à la transformation de manière artisanale des fibres et la commercialisation du produit fini à l’issue d’un travail méticuleux, harassant, qui constitue le quotidien de Mouha, le teinturier.

A travers une prolepse, pendant de longues minutes et dans un silence pesant, le film  s’ouvre sur la conduite en prison du fils du teinturier, Moulil dans une voiture de la garde et bien entouré. Sur le trajet, on découvre l’architecture de cette belle ville marocaine, Marrakech.

L’histoire pathétique racontée par le film met en évidence les disparités sociales entre les riches et les pauvres, ainsi que les conséquences de l’exploitation économique des travailleurs.

Les mouvements d’ensemble et rythmiques, les bruits du dispositif  de la filature et du tricotage par les ouvriers de tous les âges et le séchage des étoffes aux motifs colorés donnent sens au récit filmique.

Par ses thématiques le film pose la problématique du statut de l’artisan dont le sort  même de nos jours n’est pas enviable dans les sociétés de production où les inégalités persistent car les acteurs du secteur de l’artisanat ne tirent pas grand profit de leur dur labeur. Les produits artisanaux sont souvent achetés à vils prix par d’autres personnes qui les exportent pour réaliser de gros profits.  Sont aussi abordés des thèmes tels que la famille, la  pauvreté, le travail des enfants, et les relations entre les classes sociales, le tout dans le cadre d’une société marocaine en transition.

Le réalisateur, un grand professionnel de cinéma  et fin connaisseur de sa société dénonce les injustices sociales et les conditions précaires de la filature, en passant par le tricotage, l’ennoblissement ou la teinture, la confection et enfin à la mise en marché.

Un métier pénible, physique et épuisant qui ne laisse ni enfants, ni jeunes, même les femmes et les  hommes sous pression psychologique au quotidien pendant plusieurs heures de travail  pour arriver à une qualité du produit fini, le tapis aux motifs variés.

Les Mille et une mains est un film qui rend hommage à  toutes les personnes qui travaillent durement  pour arriver à subvenir aux besoins de leur famille.

Un film engagé qui utilise des images très captives  a  l’instar des va et vient dans les locaux du teinturier ou du tricotage et des moments presque réels pour dénoncer l’exploitation et l’indifférence.

Le film a remporté le Grand Prix Étalon de Yennenga en 1973 au Festival Panafricain de Cinéma et de la Télévision de Ouagadougou (FESPACO).

                                                                             Youssoufa Halidou Harouna

D'autres articles

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Entrez en contact avec nous!