L’Orage africain, un continent sous influence : un film dans l’air du temps  

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Sorti en 2017, le long métrage (dramatique),  « L’Orage Africain : un continent sous influence »  réalisé  par Sylvestre Amoussou  est un chef d’œuvre intemporel et engagé.  

Dans une variation de plans dynamique en lien avec le contexte du film, L’Orage Africain : un continent sous influence, Étalon d’Argent au FESPACO 2017, aborde la question de la souveraineté sur les ressources naturelles (or, colton, pétrole, uranium, diamant, etc.) en Afrique et les relations géopolitiques déséquilibrées, complexes avec l’Occident.

Le récit filmique bien conduit de par la diversité des thématiques dont le viol, le rapatriement d’occidentaux dans un jeu de rôle des acteurs bien maîtrisé, des scènes de nuit comme de jour bien réussies, le décor et les différents costumes mis en valeur, le réalisateur et acteur principal du film, originaire du Bénin, raconte l’histoire d’un pays africain imaginaire, Tangara, qui décide de nationaliser ses richesses naturelles.

Une décision qui provoque des réactions vives de la part des puissances occidentales, qui trouvent que “toute personne qui pense une Afrique forte, libre et indépendante est une menace pour l’Occident”.

Des manœuvres sont alors planifiées à Tangara dans une diversité d’actes tels que l’achat de conscience de certaines autorités comme le Premier ministre, le Chef de la Police, des médias locaux, la propagande des médias occidentaux, des mercenaires infiltrés pour déstabiliser le régime le pouvoir du Président souverainiste, Ezo Essogbé à travers des massacres en masse, des tueries ciblées,  des attentats, des menaces de mort…

Une scène du film L’Orage Africain

Ces actions rappellent des réalités vécues ces derniers temps par les pays de l’AES où les dirigeants dénoncent les manœuvres et menaces étrangères, occidentales particulièrement. L’Orage Africain reflète le contexte des débats actuels sur la souveraineté économique et le contrôle des ressources au Sahel, où des pays comme le Mali, le Niger et le Burkina Faso, membres de l’AES, ont récemment pris des mesures similaires au nom de l’intérêt des peuples.

Bien que fictif et sorti avant la montée de l’élan souverainiste dans les Etats de l’AES, le film évoque des situations semblables avec les tensions qui ont cours actuellement relativement à la présence des multinationales occidentales et à l’exploitation des ressources naturelles.

Le réalisateur  dépeint les manœuvres de certains pays occidentaux pour maintenir leur influence, y compris la création et la provocation de conflits intercommunautaires, l’exploitation des richesses, l’’instabilité politique, l’’insécurité, le terrorisme.

L’Orage africain met en scène un combat pour la souveraineté, où les Africains se défendent contre les tentatives d’oppression et d’exploitation des ressources et l’ingérence de certains pays occidentaux. Cette lutte pour l’autodétermination qui ne date pas d’aujourd’hui est au cœur des préoccupations actuelles des pays africains qui cherchent à affirmer leur indépendance et à renforcer leur capacité à gérer en toute souveraineté.

Un film d’espoir sur l’élan patriotique du peuple Tangarais, la  loyauté  et l’intégrité de certaines personnes face à  la  corruption et à la manipulation de l’information à l’instar de ces journalistes femmes et les fidèles gardiennes de la Présidence dont le rôle est magnifié.

Très engagé avec des mots forts et impactant, le film est à doubler dans les langues nationales africaines, à diffuser sur les chaînes de télévision africaines, à enseigner dans les écoles de cinéma, les universités d’Afrique pour permettre de déconstruire le narratif de la pensée unique, d’atténuer les impacts de l’impérialisme occidental sous toutes ses formes en Afrique et de conscientiser davantage sur les enjeux géostratégiques.

                                                                                           Youssoufa Halidou Harouna

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