Aboubacar Lawa, directeur artistique de Wassa’n Africa : « ce festival, est une occasion unique de vivre l’Afrique en France ! »

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Chorégraphe, membre fondateur de Gabero, le célèbre groupe de danse du Niger, comédien et musicien également, Aboubacar Lawa qui vit en France depuis une vingtaine d’années est à l’initiative du festival Wassa’n Africa. Dédié aux cultures africaines, Wassa’n Africa que l’on peut traduire par ” fête de l’Afrique” selon son appellation en langue Haoussa,  a vu le jour en 2005 à Launac, localité de la région Toulouse en France.  C’est une initiative associative  qui vise à contribuer au brassage culturel à travers entre autres des spectacles de danse, musique, théâtre, mais aussi la peinture, la sculpture, l’écriture, le cinéma, un marché d’arts, l’artisanat,  des forums,… C’est une fenêtre sur l’Afrique dans sa diversité qu’ouvre à partir de Launac depuis 15 ans le festival Wassa’n Africa. Des  prestations des artistes, groupes musicaux, ou troupes de théâtres,  du Niger, de Guinée,  France, Mali, Burkina Fasso, et des autres pays africains, mais aussi de France ont marqué les différentes éditions du festival. Dans cet entretien, Aboubacar Lawa, initiateur et directeur artistique de Wassa’n Africa, fait l’historique de cette initiative, évoque sa particularité, apprécie le chemin parcouru depuis 2005. Il parle également de la question du financement de ce  festival, la participation des artistes… 

Aboubacar Lawa, directeur artistique du festival  Wassa’n Africa
Aboubacar Lawa, directeur artistique du festival Wassa’n Africa

MediaCulture.info : Qu’est ce qui vous a motivé à créer le festival Wassa’n Africa ? Cette initiative relève-t-elle de l’entrepreneuriat culturel ?

Aboubacar Lawa : Au départ, avant la naissance même du festival Wassa’n Africa depuis 2002 déjà j’avais initié à Launac lors du festival ” le printemps des arts”, les journées africaines, de 2002 à 2004. Et en 2005, avec le soutien du maire nous avons décidé de lancer Wassa’Africa qui se tient sur 3 jours. Tout est parti donc du printemps des arts et de l’Association Gaado.   Nous avions mené plusieurs actions humanitaires, au nom de cette association, des dons de matériels scolaire et médical au Niger dans la région de Bouza d’où je suis originaire, à Garadoumé plus précisément…. L’idée était de pouvoir continuer ces  actions, mais au vu des difficultés financières, nous nous sommes basés uniquement sur le festival depuis 2005. Je dois rappeler qu’à mon arrivée en France en 1999, j’ai intégré d’abord le groupe de musique “Bako Band” de mon Cousin Abdou Douka dit “Bako”; nous avons parcouru plusieurs festival. Aussi, étant professeur de danse traditionnelle du Niger à Launac, avec deux de mes élèves Sylvie Humbert et Véronique Capsal et le soutien de ma femme Valérie, nous avons eu l’idée de monter un festival dans cette petite ville où nous avons un grand parc municipal. C’est  donc une initiative associative,  que nous avons commencée avec des amis ici, pour entre autres promouvoir, valoriser les cultures africaines, permettre à tous, petits et grands, d’apprécier les valeurs, savoirs et savoir-faire des cultures Africaines dans la tolérance et le respect d’autrui. C’est un  cadre d’échange culturel et d’entre-aide, qui contribue également à lutter contre le racisme et les idées reçues sur l’Afrique. C’est un festival géré à 100% par des bénévoles, la première édition a eu lieu en juillet 2005.    

MediaCulture.info : Quelle sera la particularité de la prochaine édition?

Aboubacar Lawa : On était à la quatorzième édition ; cette année ça devrait était la quinzième, malheureusement avec la crise sanitaire du Covid19 elle a été reportée à l’année prochaine, donc en 2021. Le thème principal c’est les cultures africaines. On ne choisit pas un thème particulier, c’est vraiment un thème très général, c’est Wassa’n Africa, les cultures africaines. Et pendant des années nous avons mis l’accent sur la paix en Afrique, la paix au Sahel. Toutefois l’année dernière nous avons mis surtout en exergue le Niger.  

Affiche Wassa'n Africa 2021
Affiche Wassa’n Africa 2021

MediaCulture.info : Quel regard portez-vous sur le chemin parcouru 

Aboubacar Lawa : Je peux dire que de 2005 à aujourd’hui, le festival n’a cessé de grandir. La dernière édition nous avons accueilli plus de 6000 personnes. D’année en année le public apprécie le festival. On a progressé en qualité dans la programmation, le travail. Le petit festival qu’on pouvait qualifier de fête de village, au départ, est devenu aujourd’hui un festival à part entière, reconnu et apprécié par les pairs qui viennent nous demander des conseils. De ce point de vue, c’est une très belle évolution.  Nous avons pratiquement tous les pays d’Afrique. L’entrée est gratuite, pour permettre au plus grand nombre d’accéder à la culture. Nous invitons aussi les associations à venir parler leurs actions en Afrique. Pendant les trois jours de Wassa’n Africa, nous mettons en valeur les cultures africaines ; ce festival est une occasion unique de vivre l’Afrique en France ! https://youtu.be/bAS8qmXKyPs https://youtu.be/q1VvSje9Uk4

MediaCulture.info : Avez-vous un message à l’endroit du public ou des participants ?

 Aboubacar Lawa : Le message que j’ai, et que j’ai toujours eu quand je viens au Niger, c’est qu’aujourd’hui la plupart des pays d’Afrique ont des festivals qui accueillent leurs artistes en France. Je vous citerai le festival Lafi Bala qui accueille  des burkinabè entre autres ; le festival Africa fête qui accueillent des artistes du Sénégal ; beaucoup d’autres festivals qui accueillent des artistes du Mali, etc. Mais il n’y a pratiquement pas de festival qui cible sa programmation sur le Niger. Le message que  j’ai donc envers les autorités, c’est de pouvoir nous aider pour que nous puissions faire venir des artistes du Niger afin que Wassa’n Africa soit la référence pour ces artistes nigériens en France et ça leur permettra aussi de se faire connaitre, se faire voir par les autres programmateurs des festivals.

MediaCulture.info : Comment arrivez vous à financer alors l’organisation du festival, les voyages, la prise en charge des participants, même si les organisateurs sont pour la plupart des bénévoles ?

Aboubacar Lawa : Il faut savoir qu’en France les festivals fonctionnent avec des subventions. Il y a des subventions de la mairie, du conseil départemental, de la région et de l’Etat. En ce qui concerne Wassa’n Africa, le festival s’autofinance par les subventions, la vente d’emplacement, la restauration, la buvette. Il y a aussi des sponsors privés qui nous aident à financer une partie du festival…

MediaCulture.info : Y a-t-il un appel à candidature  pour les artistes qui participent à Wassa’n Africa ?

Aboubacar Lawa : Non, il n’y a pas d’appel à candidatures; n’importe quel artiste peut nous contacter à tout moment, nous solliciter pour être programmés. Après c’est nous qui voyons en fonction de notre public, du cadre dans lequel nous travaillons si nous pouvons programmer l’artiste ou pas. On reçoit toute l’année des propositions, de participation au festival sur nos adresses contac@wassanafrica.com ou wassanafrica@gmail.com et après nous choisissons qui peut venir ou pas. Pour l’édition prochaine elle se tiendra les 2, 3, 4 juillet 2021. Nous allons accueillir Marie Diallo, lauréate du trophée de la 5ème édition de Tremplin des Jeunes Talents du Niger et aussi d’autres artistes du Niger dont je ne peux pas donner les  noms pour l’instant.

MediaCulture.info

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