Hamani Kassoum alias Jhonel dans “1000 poèmes” : « j’ai dû dire ce que personne n’ose dire »

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Sorti le 24 avril 2020, le clip “1000 poèmes” de l’artiste slameur nigérien Hamani Kassoum, alias Jhonel est en train de cartonner à travers l’Afrique sur les réseaux sociaux où les internautes l’apprécient et font sa promotion à coup de posts.

L’artiste slameur Jhonel

« Formidable ; c’est du lourd! » ; « Chapeau ! waouh  bravo !!! Merci  pour cette leçon de vie, bon vent surtout ; c’est vraiment un artiste !… », s’exclament des internautes burkinabè qui ont visionné le cilp “1000 poèmes” sur facebook. « Rien à dire tu es convainquant plus que de la musique, un message, de la poésie », estime un  jeune internaute touché par les mots de l’artiste. « Il a tout dit et bien caricaturé ce qu’il se passe ici », renchérit un autre. Au Niger aussi, les internautes se partagent avec beaucoup de fierté le clip de Jhonel via les réseaux sociaux. « C’est vraiment devenu un clip pour l’Afrique ; les gens m’ont envoyé des captures d’écran de plusieurs pages dans différents pays »,  témoigne Jhonel.  « Waouh c’est déjà plus d’un million de vues sur les différents comptes et  pages (en moins d’un mois NDLR) »,  se réjouit l’artiste.  

  Le clip “1000 poèmes” d’une durée d’environ 6 mn met en scène des habitants d’une cité qui se réveillent avec des affiches de poèmes sur leurs murs…Des affiches dont Jhonel revendique la responsabilité. Et l’artiste de plaider du reste le sort de pauvres poètes de la cité accusés à tort pour ces actes.

Un pagne enroulé au tour de l’épaule en guise de tenue sur son corps longiligne, dreadlocks courts, le visage envahi en partie une barbe et une moustache, un gros collier au coup, l’artiste déclame en posant un regard critique la responsabilité des uns et des autres. « Ils se sont réveillés le matin ; ils ont trouvés 1000 poèmes écrits et apposés sur tous les murs de la cité ; chaque texte est pour un homme ou une femme ; chaque vers exprime une douleur ; c’est la vie cachée de la cité qui est transcrite dans 1000 poèmes ;  et tous nient ; personne ne veut que sa vie soit transcrite dans un poème. Il leur fallait donc un bouc émissaire ; non pas un mais plusieurs ; ils ont donc traqué et trainé tous les poètes de la cité chez le roi… Libérez ces poètes qui ont oublié leur rôle dans la cité. Je suis le seul responsable, coupable des 1000 poèmes apposés sur vos murs. Je n’ai rien inventé en réalité et ce n’est que vos vies que j’ai transcrites en poésie sur vos murs », lance-t-il.

https://youtu.be/BVGtGu3kmGk

Poètes trainés devant le roi, dans le clip1000 poèmes”

Et l’artiste de poursuivre, s’adressant à ceux là qui disent détester l’occident alors qu’ils lui tendent la main pour avoir de quoi mettre sous la dent et qui l’accusent aussi des crimes qu’ils commettent sur leurs semblables… L’artiste parle également dans ses vers de toi, qui accuse Dieu dans tes défaites et qui glorifie ton intellect lorsque tu gagnes…Jhonel n’oublie pas aussi le religieux qui gagne son argent au nom de Dieu alors que dans son quartier meurent de faim des enfants… L’artiste t’interpelle ensuite toi qui déteste le roi, mais qui lui sourit en sa présence tout en convoitant sa place. « Que fais tu en attendant », te demande l’artiste ?  Et toi aussi roi, Jhonel t’interroge : « comment peux-tu dormir la nuit, alors que la moitié de ton territoire est entre les mains de tes ennemis ?»

Le slameur Jhonel dans le clip 1000 poèmes

 Un miroir de la société pourrait-t-on dire à propos de “1000 poèmes”, puisque l’artiste étale au grand jour ce que les uns et les autres veulent taire.  « Ma plume n’a épargné personne… Je n’ai rien inventé en réalité et ce n’est que vos vies que j’ai transcrites en poésie sur vos murs », clame-t-il.

 Jhonel confie que son texte découle de cette interrogation : comment penser l’Afrique et panser ses plaies ? « Pour répondre à cette question j’ai dû remuer le couteau dans la plaie ; dire ce que personne n’ose dire », affirme l’artiste. Mais quand on lui demande ce qui l’a mené au slam. Il répond : « j’ai commencé sans savoir que ce mode d’expression s’appelait le slam. J’ai commencé à dire des texte depuis l’enfance en prenant exemple sur les griots et conteurs ». Mais à travers sa biographie on se rend compte que l’art est une passion qui caractérise Hamani Kassoum et qu’il tenait à vivre. « Je n’étais à priori guère destiné à une carrière artistique. Fils d’Imam établi en Côte d’Ivoire, j’ai  dû très tôt faire face à l’incompréhension de la famille. La musique et l’art n’étaient pas les bienvenus chez moi, mais rien ne pouvait entamer ma passion. Après mûre réflexion, j’ai  pris la décision de quitter mon pays adoptif et de quitter les miens, seule solution à mes yeux pour  vivre ma passion. Je revins en 2002 au Niger, ma terre natale. S’enchaînent alors les concerts, compilations et collaborations, au Mali, Côte d’ivoire, France, Togo, New-York, Canada, Burkina Faso, mais aussi au Niger », explique l’artiste. 

Âgé de 36 ans aujourd’hui Jhonel a écrit à ce jour 90 textes dont 40 publiés. Fondateur et directeur du festival Fish Goni, il poursuit une riche carrière artistique de slameur, comédien, formateur en atelier d’écriture slam, avec des tournées pour des spectacles en Afrique, Europe, aux USA…

                                                     Mousoul
                                 mediaculture.info@gmail.com

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