L’architecture traditionnelle dite vernaculaire : des constructions élégantes et bioclimatiques !

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L’architecture vernaculaire est un type d’architecture propre à un pays, un territoire et à ses habitants. Il s’agit de cette architecture à travers laquelle l’habitant construit lui-même son habitat grâce aux matériaux qui sont à sa portée tout en se protégeant de son environnement, du climat, etc.

Les techniques constructives de l’architecture vernaculaire s’appuient sur les traditions propres au territoire au regard des fonctions du bâtiment. Par ailleurs, en plus de répondre à une fonctionnalité d’usage propre aux valeurs culturelles, l’architecture traditionnelle a l’avantage d’être bioclimatique ! Dans la conception, il est important pour l’habitant de se  créer  les conditions optimales d’un habitat doté d’une ambiance agréable en tenant compte du site et de l’environnement : le climat et le microclimat, la géographie et la géomorphologie.  

Dans des pays chauds comme le Niger, en plus de l’utilisation de matériaux locaux comme l’argile et la paille, permettant de faire bénéficier à la construction leurs qualités (bonne isolation ou d’élégance en matière de revêtement etc.), les habitants ont développé des techniques traditionnelles pour se protéger d’un climat marqué par des températures extrêmement élevées.

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L’exemple des cases traditionnelles de forme circulaire, construites en terre et couvertes d’un toit de paille en est illustratif : tandis que les matériaux de construction des cases en terre à toit de paille servent de « tampon » entre l’intérieur de la maison et les températures extrêmes de l’extérieur, la masse thermique de l’argile permet de conserver une température intérieure fraîche en saison chaude. Quant à l’inclinaison du toit de forme conique, elle favorise le ruissellement rapide des pluies torrentielles en saison des pluies.

Ou encore, dans les maisons en banco, les petites ouvertures servant de fenêtres et qui, grâce au rafraichissement intérieur induit par les matériaux de constructions (banco)  favorisent une inertie thermique, c’est à-dire la conservation de la fraicheur matinale du bâtiment en évitant une forte augmentation intérieure de température qui aurait été favorisée par de larges ouvertures.

Une architecture riche et variée adaptée à toutes les fonctions

L’un des chantres de l’architecture traditionnelle est l’architecte égyptien Hassan Fathy qui s’est fait connaitre  comme étant l’un des pionniers de l’« auto construction », un mouvement datant des années 1960 qui s’est évertué à faire connaitre et mettre en valeur  les « architectures sans architectes » et à prôner le retour aux traditions vernaculaires à travers notamment la participation des populations pauvres à l’édification de leurs maisons.

Un pays comme le Niger a une architecture traditionnelle extrêmement riche et variée, adaptée à toutes les fonctions : habitat – lieux de cultes, palais royaux, greniers etc….

En effet  quand on étudie de près cette architecture, à chaque fois le génie de l’homme a su se conjuguer avec le génie du lieu et Corinne et Laszlo Mester de Parajd dans leur livre intitulé « Regards sur l’habitat traditionnel au Niger » ont parfaitement su illustrer cela.

Ainsi des greniers de Tillabéry ou Diffa à la célèbre mosquée d’Agadez en passant par les maisons richement décorées de Zinder ou les palais royaux de Maradi et Dosso, l’architecture traditionnelle très riche par son élégance et son caractère bioclimatique doit être perpétuée en devenant une source d’inspiration pour l’architecture contemporaine nigérienne qui doit l’adapter bien entendu à nos usages socioculturels actuels.

Moussa Ibrahim Abdou
Architecte – Urbaniste

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Une réponse

  1. Bravo pour cet article. Tout cela prouve qu’en Afrique, il y’a toujours eu des visionnaires, depuis l’Egypte antique. Le continent africain n’est pas pauvre, mais appauvri tout simplement.

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