Amina Weira, réalisatrice nigérienne : « la réalisation documentaire est devenue pour moi plus qu’un métier, elle est aujourd’hui pour moi un moyen d’extériorisation de mes idées… »

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Native d’Arlit dans la région d’Agadez où elle a effectué ses études primaires et secondaires, Amina Weira est titulaire d’une licence en montage vidéo de  l’Institut de Formation aux Techniques de l’Information et de la Communication(IFTIC) de Niamey et d’un master2 en réalisation documentaire de création  de l’Université Gaston Berger de Saint Louis du Sénégal. Des atouts grâce auxquels elle s’illustre bien dans sa carrière de réalisatrice. Fille d’un ancien ouvrier qui a travaillé pendant 35 ans dans les mines d’exploitation d’uranium à Arlit, Amina Weira a réalisé sur ce sujet en 2016 le documentaire ” La Colère dans le vent”. A travers ce film de 54 mn la jeune femme revient sur les espoirs suscités par l’exploitation de l’uranium dans sa ville natale et la déception qui en a résulté chez les uns et les autres. Le film a remporté à ce jour une dizaine de prix dans des festivals dont entre autres, le Prix du Premier film Professionnel du Festival Traces de vie, Clermont-Ferrand, 2016 ; Mention spéciale  du jury moyen métrage du Festival International du Film Documentaire de Saint Louis du Sénégal en 2016 ; Prix du meilleur court et moyen métrage au Festival Vues d’Afrique Canada 2017 ; Prix spécial du Jury festival Green Image Film Festivals Tokyo 2018 ; Prix du meilleur documentaire au Festival Cine invisible de Bilbao, en 2018… Dans cet entretien Amina Weira parle de ses activités cinématographiques ; du sujet de son prochain film ; des raisons pour lesquelles elle privilégie le documentaire pour ses films.

La réalisatrice Amina Weira

MediaCulture.info : Votre documentaire La Colère dans le vent”sorti en 2016 a eu un succès retentissant, mais ces derniers temps vous travaillez surtout sur des films de “commande”. Qu’est ce qui explique cela?

Amina Weira : Faire un film documentaire d’auteur demande beaucoup de temps, de la documentation, du repérage, des efforts d’écriture….Par conséquent pour faire un seul film on peut banalement passer trois ans ou plus à le préparer. C’est pour cela qu’après le film La colère dans le vent, je me suis plus consacrée à être technicienne sur les films des autres comme celui de Bawa Kadadé (Étincelles) et Rob Lemkin (Exterminer toutes ces brutes). J’ai aussi réalisé et monté des films de commande, “Un geste un cœur” pour la télévision nationale et “Une scolarité confinée” pour IMS et sahélien.com qui est en ligne.

Affiche du film, “La Colère dans le vent”

MediaCulture.info : Avez-vous un autre film d’auteur en projet ou bien vous envisagez déjà de passer à autre chose?

Amina Weira : Depuis un certain temps je me concentre un peu plus sur mon propre projet de film documentaire qui est actuellement en stade de développement.

MediaCulture.info : Sur quel sujet porte le projet de votre  prochain film?

Amina Weira : Toujours dans le souci de parler de la zone de l’Air, comme je l’ai fait dans mon précédent film, mon désir de cinéaste m’amène donc à documenter certains aspects historiques et socioculturels de la ville d’Agadez. Ce film pourrait s’intituler “Libre de partir, libre de rester”. Agadez a depuis longtemps été un carrefour de passage, un lieu d’échanges, de commerce caravanier, un espace de touristique mais aussi le passage des candidats à la migration. Nous constatons aujourd’hui que la ville est entrain de perdre certaines de ses valeurs qui lui donnaient sa notoriété de par le monde. Dans mon projet de film, je m’intéresse particulièrement à ce nouveau visage que cette ville riche d’histoire et de mystères prend aujourd’hui…

Agadez, une ruelle de la vieille ville, un des lieux du tournage du prochain documentaire de Amina Weira (Copyright Amina Weira 2020)

MediaCulture.info : Qu’est-ce qui justifie le choix du documentaire pour votre carrière de réalisatrice?

Amina Weira : De plus en plus je me sers du cinéma documentaire que je trouve très pratique comme outil d’expression. La réalisation documentaire est devenue pour moi plus qu’un métier, elle est aujourd’hui pour moi un moyen d’extériorisation de mes idées à travers l’image avec une certaine esthétique. C’est aussi à travers ce métier que je fais découvrir et connaitre nos cultures, nos valeurs, nos réalités… au delà des frontières.

À travers le documentaire, on met à nu des réalités de nos sociétés dans l’espoir d’émerveiller, de conscientiser ou même de trouver des solutions à certaines problématiques qui nous assaillent.

MediaCulture.info

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